5 erreurs à éviter quand on crée son site internet
10 mars 202611 min de lecture
JL
Jérémy Lagouardille
Développeur web freelance, PilotOne
En auditant les sites des prospects qui me contactent dans le Béarn, je retrouve presque systématiquement les mêmes cinq erreurs. Elles ne sont pas le fait de professionnels malhonnêtes, mais d'une stratégie web bâtie il y a cinq ou dix ans, jamais mise à jour, alors que Google a profondément changé sa façon de classer les sites depuis. Cet article détaille chaque erreur, sa source officielle quand il y en a une, et la façon dont je l'évite chez PilotOne.
À la fin, vous trouverez sept questions précises à poser à n'importe quel prestataire web (moi compris) avant de signer un devis. Si la personne en face ne sait pas y répondre, c'est un signal fort.
Erreur 1 : négliger la vitesse de chargement
La performance n'est pas un détail technique, c'est un facteur de conversion direct. La référence officielle reste l'étude Google/SOASTA Research publiée en février 2017 sur Think with Google, qui analysait 900 000 landing pages mobiles dans 126 pays. Citation littérale : « 53 % des visiteurs d'un site mobile quittent une page qui met plus de trois secondes à charger » (Think with Google PDF, p. 1).
La même étude 2017 documente l'effet quantifié sur le rebond : quand le temps de chargement passe de 1 seconde à 5 secondes, la probabilité de rebond augmente de 90 %. Le contexte technique a beaucoup évolué depuis, mais le seuil n'est pas atteint pour autant : selon le Web Almanac HTTP Archive édition 2025, 38 % des pages mobile sont encore au-dessus du seuil LCP « bon » fixé par Google (2,5 s), dont 13 % en mode « médiocre » (LCP > 4 s). La plupart des sites WordPress locaux que j'audite tombent justement dans ces 13 %, à cause de thèmes premium surdimensionnés, vingt à trente plugins actifs, photos JPEG de 4 Mo non redimensionnées, et hébergement mutualisé bas de gamme.
Erreur 2 : oublier que Google indexe d'abord la version mobile
Beaucoup de prestataires conçoivent encore un site sur ordinateur, font un audit rapide sur smartphone, et estiment que c'est suffisant. Ce n'est plus le cas depuis longtemps. Citation officielle Google Search Central : « Google uses the mobile version of a site's content, crawled with the smartphone agent, for indexing and ranking. This is called mobile-first indexing » (Search Central, mobile-first indexing best practices).
Concrètement : si la version mobile de votre site est appauvrie (texte tronqué, photos absentes, menus cachés derrière une icône qu'on ne trouve pas), c'est cette version-là que Google va voir et utiliser pour vous classer. Pas la belle version desktop sur laquelle votre prestataire s'est concentré.
Un projet en tête ?
Discutons de vos besoins. Premier échange gratuit et sans engagement.
Bonnes pratiques recommandées par Google dans la même page :
Le contenu principal (texte, images, vidéos) doit être identique sur mobile et desktop. Pas de version allégée mobile.
Les balises title et meta description doivent être identiques sur les deux versions.
Les données structurées (Schema.org JSON-LD) doivent être présentes et identiques sur mobile et desktop.
Les robots meta ne doivent pas indiquer noindex ounofollow uniquement sur mobile.
Pour tester votre site, il faut vérifier au minimum sur petit smartphone (largeur 375 px, type iPhone SE), grand smartphone (428 px, type iPhone Pro Max), tablette (768 px) et desktop (1280 px et plus). Le test mobile-friendly officiel Google (search.google.com/test/mobile-friendly) est gratuit et donne un verdict rapide.
Erreur 3 : recopier des contenus génériques
Sur la moitié des sites d'artisans béarnais que j'audite, la page « À propos » et la page services contiennent du texte interchangeable, qu'on retrouve quasi à l'identique chez vingt autres concurrents de la même catégorie. Ces textes proviennent de modèles vendus avec le thème, ou d'outils de rédaction génératifs sans relecture humaine.
Google ne pénalise pas le contenu dupliqué de la même façon qu'une violation (la « pénalité » manuelle est rare), mais il choisit une seule URL canonique parmi les copies et masque les autres dans les résultats. Si votre site est l'un parmi vingt à utiliser le même paragraphe, c'est rarement le vôtre que Google choisit. Vous restez invisible sans même vous en rendre compte.
Ce qui ranke vraiment, c'est le contenu spécifique :
Le nom des communes que vous desservez (Sus, Navarrenx, Mourenx, Oloron, Salies, Orthez), pas juste « Béarn ».
Vos cas concrets, vos chantiers, vos plats, vos consultations type, avec des détails que personne d'autre ne peut copier sans mentir.
Vos tarifs réels ou fourchettes, vos délais, vos conditions de prise en charge.
Les questions que vos clients vous posent vraiment au téléphone (matière première pour des FAQ qui répondent aux requêtes Google des prospects).
Mon conseil pratique : écrivez comme vous parlez à un client en rendez-vous. La spontanéité ranke mieux que le jargon marketing. Si vous bloquez sur l'écrit, enregistrez-vous pendant 10 minutes en répondant à vos cinq questions clients les plus fréquentes, faites transcrire, retravaillez. Ça suffit pour démarrer avec du contenu unique.
Erreur 4 : ignorer le SEO technique
Un site joli mais mal structuré techniquement, c'est une vitrine de magasin sans enseigne dans la rue. Personne ne le trouve. Le SEO technique, c'est l'ensemble des fondations invisibles qui permettent à Google de comprendre votre site. Sur les audits que je fais, voici les points qui manquent le plus souvent.
Balises title et meta description par page
Chaque page doit avoir un title unique de 50 à 60 caractères incluant le mot-clé principal et la zone géographique, et une meta description de 140 à 160 caractères qui donne envie de cliquer. Sur les sites WordPress mal configurés, la même balise title est répétée à l'identique sur toutes les pages, ou elle affiche juste le nom de domaine.
Structure des URL
Une URL doit être lisible par un humain : /services/depannage-plomberie-pau plutôt que /page?id=42. Évitez les URL avec des dates, des numéros d'article, ou des accents non normalisés.
Sitemap XML et robots.txt
Le sitemap liste toutes les pages que vous voulez voir indexées. Le robots.txt indique à Google ce qu'il a le droit de crawler. Les deux doivent être en place et soumis dans Google Search Console.
Données structurées Schema.org
Pour un site local, le balisage LocalBusinessindique à Google votre adresse, vos horaires, votre numéro de téléphone, votre catégorie d'activité. C'est ce qui permet d'apparaître dans le pack local Google Maps. Pour un blog, Article et FAQPage aident à obtenir des extraits enrichis dans les SERP.
Hiérarchie des titres H1, H2, H3
Une seule balise H1 par page, des H2 qui structurent les sections principales, des H3 pour les sous-sections. Beaucoup de page builders utilisent les balises de titre pour la mise en forme visuelle, ce qui crée des hiérarchies absurdes (cinq H1 par page, ou que des H4) qui déstabilisent les robots.
Bonne nouvelle : tout cela s'intègre dès la conception du site. Mauvaise nouvelle : tout rattraper sur un site existant mal structuré coûte souvent plus cher que recommencer proprement.
Erreur 5 : ne mesurer aucun résultat
Combien de visiteurs uniques sur votre site le mois dernier ? Quelle est la page la plus consultée ? Quel pourcentage vient du mobile ? Quelles requêtes Google ont mené chez vous ? Si vous ne pouvez pas répondre, vous pilotez à l'aveugle. Un site sans analytics, c'est un panneau publicitaire sans comptage de passants : vous payez sans savoir si ça sert.
Deux outils suffisent et sont gratuits ou peu coûteux :
Google Search Console (gratuit, obligatoire). Vous montre les requêtes qui amènent sur votre site, vos positions moyennes, vos clics, vos impressions. Aussi les problèmes techniques détectés (erreurs 404, pages non indexées, problèmes mobile, problèmes Core Web Vitals).
Un analytics respectueux de la vie privée comme Umami ou Plausible (5 à 10 € par mois). Vous donne le nombre de visiteurs, les pages vues, les sources de trafic, les durées de session, sans bandeau cookies agressif et sans complexité RGPD. Beaucoup plus simple que Google Analytics 4 et tout aussi utile pour une TPE locale.
Coût d'installation : une heure une seule fois. Bénéfice : vous savez ce qui marche et où investir vos efforts. Sans ces données, toute décision sur le site relève de l'intuition.
Bonus : sept questions précises à poser à votre prestataire avant de signer
Plutôt que d'évaluer un prestataire sur son charisme commercial ou sur son portfolio (souvent retravaillé pour la photo), posez-lui ces sept questions et écoutez la précision des réponses. Un bon prestataire répond en chiffres et en références concrètes ; un mauvais répond en généralités.
« Quel score Lighthouse mobile vos derniers sites obtiennent en moyenne ? »Réponse acceptable : « 85 à 95 sur la majorité des pages, avec capture PageSpeed à l'appui ». Réponse alarmante : « ça dépend » sans chiffre.
« Quel est le LCP mobile médian de mes futurs concurrents directs ? »Si la personne ne sait pas mesurer un concurrent et le comparer au site qu'elle veut me vendre, elle ne pilote pas la performance.
« Comment configurez-vous le balisage Schema.org LocalBusiness ? » Doit pouvoir m'expliquer où ça se met, quels champs sont remplis, comment on le teste avec l'outil Google Rich Results Test.
« Quelle est la stack technique exacte que vous proposez et pourquoi celle-là plutôt qu'une autre ? »Doit donner un raisonnement clair (par exemple : Next.js pour la performance et le SEO, ou WordPress pour l'autonomie sur le contenu).
« Qui rédige le contenu et avec quelles sources ? » Si la réponse implique un outil IA sans relecture humaine ni vérification de sources, le contenu sera générique et risque de mal ranker.
« Que se passe-t-il après la livraison du site en cas de bug ou de mise à jour ? »Doit y avoir un contrat de maintenance clair, un canal de contact, des délais d'intervention. Pas juste « je suis joignable ».
« À qui appartient le code source et le nom de domaine à la livraison ? » La réponse doit être : « à vous, intégralement ». Tout prestataire qui garde la main sur ces deux éléments vous tient.
Cinq signaux d'alerte qu'il faut fuir
À l'inverse, certains signaux doivent vous faire renoncer à signer, même si le prix est attractif.
Le prestataire ne montre aucun site existant en prod, ou ne communique que des captures d'écran sans URL vérifiable.
Le devis ne distingue pas le coût de création (one-shot) du coût de maintenance (récurrent). Le « tout compris à vie » n'existe pas.
La livraison est annoncée sous deux semaines pour un site avec dix pages sur-mesure. Soit c'est un template repeint, soit la qualité va souffrir.
Le prestataire propose de gérer votre Google Business Profile et votre nom de domaine sur son propre compte « pour vous simplifier la vie ». Vous deviendrez captif.
Le prestataire promet d'être « première page Google » sous 30 jours sur une requête concurrentielle. Sur une requête locale faible, c'est possible. Sur « plombier Pau », c'est mensonger.
Conclusion : un bon site se vérifie sur quelques fondamentaux
Un site internet réussi pour un artisan, un restaurateur, un cabinet libéral ou une PME béarnaise, c'est cinq fondamentaux respectés (vitesse, mobile, contenu unique, SEO technique, suivi des résultats), et un prestataire qui sait répondre précisément à des questions précises. Tout le reste (le design, les animations, les fonctionnalités annexes) vient ensuite.
Si vous voulez un avis extérieur sur votre site actuel ou sur un devis qu'on vient de vous proposer, je peux faire un audit gratuit en moins d'une heure : mesures Lighthouse mobile, vérification Search Console si vous me donnez accès, et lecture critique du devis. Demandez l'audit, c'est sans engagement et ça vous donnera des arguments factuels pour votre décision.